Fais un vœu
Maya Martinez/Joseph Oster
Des rêves, des pensées sur le bout de la langue
des mots comme des clefs, de voute en voute
montent, montent… et je
Fais un vœu…fais un vœu…
Vos pieds sont blancs de pierre opaline
et sur leurs cous glacés la marque indélébile
de la caresse du temps, des milliards de baisers
que des lèvres fébriles sur leur peau ont posés
A travers vos orteils, jusqu’à vos yeux levés
vers le ciel incertain leurs vœux ont rayonné
Vous qui n’êtes que de pierre et grisés de poussière
recevez en vos chairs des désirs millénaires
Elles vous demandaient quoi, les âmes,
il y a mille ansEt encore aujourd’hui
que dois-je vous promettre si à vos pieds je
Fais un vœu…
Je suis la sombre gitane, le valet de bâton
De combien de matons à l’abri des tentures
dans les oraisons du cristal j’ai prédit les futurs
aux horizons les plus funestes
Je leur soufflais
Fais un vœu…
Ce soir la lune est absente, face noire
mais dans le ciel des milliers d’astres
une étoile qui file vers le pays lointain
où nos rêves défilent
A sept ans sur la joue on doit passer la main
Les bracelets cassés on les jette au loin
dans l’océan magique
où coquilles fermées nous restons accrochés
à nos rochers douillets
Jetant cils, monnaies et baisers à tout vent
pour que un jour enfin nous soit donnée la perle
On fait un vœu
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